mardi 11 octobre 2011

AU-TO-NOME !

Oh comme c'est bon ! Ma fille devient autonome ! Allez-y, dites le tout de suite que je suis un être vil et dénué de sentiment, une marâtre sans nom, bonne à dénoncer à la DDAS.  Je m'en fous, je le sais, je le revendique mais j'exulte de joie, Jolie Bichette devient autonome et ça, c'est vraiment le pied. 


Certes, elle  :
  • ne s'habille pas toute seule (mais nous file un coup de main à la mettre toute nue) ;
  • ne mange pas toute seule (à deux, on repeint deux fois mieux la cuisine. Aujourd'hui la couleur purée de poireaux et de flétan est méga tendance, vous ne le saviez pas ?) ;
  • ne va pas sur le pot pour faire ses besoins (la corvée de couches devrait être un plaisir ? ) ;
  • ne va pas chez la petite voisine pour jouer aux billes (ça aussi, il paraît que ça revient en force).

Mais elle :
  • ne braille plus au bout de dix minutes dans son parc sans sa Fée Passie de maman à portée de vue (elle ne veut plus être dans son parc, ça c'est pour les petits) ;
  • joue tranquillement sur le tapis avec cubes, livres, bouteilles de l'eau que s'appelerio Q... ;
  • se balade toute seule à travers la maison et en profite pour ramasser les moutons dans des endroits qui me sont inaccessibles ;
  • a transféré la folle passion qu'elle me vouait sur le chien (qui, au passage, n'en demandait pas moins).

Ma fille grandit, c'est indéniable. Nous nous séparons tous les jours un peu pour pouvoir bien mieux nous retrouver. Quel bonheur de la voir avec ses grands yeux me tendre le jouet avec lequel elle vient de passer un long moment pour que l'on joue à deux.

Et puis, il n'y a pas à dire, quel bonheur de pouvoir scotcher mon écran pendant plus de deux minutes consécutives sans avoir mauvaise conscience.

Alors Jolie Bichette, joue, profite, découvre mais surtout ne touche pas au Mac !

Alors, je suis une mère indigne ou pas ?

p.s. : Plus qu'aujourd'hui avant que les carottes du "C'est pas du tout ça" de Cristophe ne soient vraiment trop cuites !

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lundi 10 octobre 2011

Réduites aux mensonges (un pavé dans la mare #6)

Pauvres de nous, pauvres petites choses que nous sommes ! Nous, les femmes, devons nous plier aux diktats de la société. Cette société, bien lisse, bien polie, bien comme il faut, fait de nous des "serial menteuses". Nous mentons aux autres et nous nous mentons de temps en temps à nous-mêmes.

Que celles qui n'ont jamais menti me jettent la première pierre.  Celles qui assument tout, haut et fort, m'assommeront avec la deuxième.

Nous trichons sur notre poids. Allez, hop, pour rentrer dans la norme on enlève trois petits kilos (ou on en rajoute quatre) à ce que la balance affiche.
"Mais non, je n'ai pas grossi, c'est mon jean's qui a rétrécit au lavage !" 
"Mais non, je ne suis pas au régime, j'ai perdu un os..."

Les mecs, quant à eux, ne font pas grand cas de cet objet de torture qui trône dans nos salles de bain. Il faut déjà qu'ils la voient et qu'ils grimpent dessus. Un rapide coup d'oeil à l'aiguille (ou aux diodes)  et ils redescendent l'air léger (pourtant parfois, ils feraient mieux de prendre l'air lourd). Ils ne feront pas une jaunisse pour 300 grammes en plus.

Nous trichons sur notre âge. La preuve, cette vieille règle de bienséance : on ne demande pas son âge à une dame. Toute notre vie, nous faisons en sorte de paraître un autre âge.
A 14 ans, les petites filles veulent jouer aux grandes et affichent le dress-code de leurs aînées. A 30 ans, nous commençons à traquer la moindre petite ride, nous la colmatons à grands coups de crèmes magiques. A 50 ans, nous nous tirons la peau du visage pour voir ce que pourrait donner un lifting. 
"Ah bon, je fais plus jeune que mon âge, mais non,  mais non..." (sourire intérieur de satisfaction)
"Un coup de vieux ? Mais non j'ai juste mal dormi cette nuit..."

Les hommes ? Si certains ont une légère tendance à la métrosexualisation, ils s'en foutent comme de leur première chemise de leur première ride. Pire, ils deviennent même de plus en plus beaux en vieillissant (une injustice de plus).

Nous mentons sur notre joie d'être mère. (Que celles qui n'ont jamais fait de baby-blues quittent ce blog tout de suite !). 
Quand en plein désarroi causé par la fatigue, les pleurs, les vomis, les cacas trop mous, trop liquides, les biberons qui fuient ou les seins qui ne se remplissent plus, vous vous trouvez confrontée à votre mère, votre tante, votre grand-mère, voisine, copine, collègue et que celles-ci vous disent : "Tu es heureuse, hein ? Ce n'est que du bonheur d'être mère !",  la première fois vous avez envie de tuer. La deuxième fois, vous essayer d'expliquer. la troisième fois vous souriez !
"Oh être mère ? C'est tous les jours les meilleurs moments de ma vie ! "

Les garçons, eux, se contentent d'être pères ! Ok, là je fais peut être preuve de mauvaise foi, mais admettez tout de même que ce n'est pas leur périnée qui doit subir la rééducation, que leur poitrine ne les fait pas souffrir et qu'associer le bon pantalon avec le bon T-shirt ce n'est pas pour eux une priorité.

Nous trichons sur notre vie sexuelle. Là encore, difficile d'être une femme. C'est bien connu, un mec qui enchaîne les conquêtes c'est un champion, une femme qui a du succès et qui l'assume, c'est... une salope...
Autre exemple, nous simulons l'orgasme. Pourquoi ? Parce qu'il ne faut pas leur faire de peine, parce qu'il ne faut pas passer pour frigide, parce que, parce que parce que...
"Oh oui, oh oui comme c'est bon (alors la robe bleue avec les ballerines ou le pantalon gris et les   salomés ? ) !"


Nous faisons mine d'être ravies... Quand la sonnette retentit et que débarquent dans notre entrée Tata Josiane, la voisine qui pue, le copain de Monsieur, la Pince-Coupante (Belle-Maman, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé de toi)...
"Oh comme ça fait plaisir de te voir ! Mais non , mais non tu ne me déranges pas (pas grave si j'avais envie d'être tranquille, si je n'avais pas envie que tu me racontes ta vie, pas grave...) ! "

Les hommes ? S'il y a bien un truc qu'ils ne comprennent pas, c'est bien ça ! Quel plaisir pour eux de voir leur mère ou leur vieux pote. En ce qui concerne Tata Josiane ? Là, ils fuient, ils ont quelque chose de plus important à faire dans le jardin, le garage, le bureau...

Bon allez, j'arrête là, je vous laisse le soin de compléter ! 

Pour ceux et celles qui n'auraient pas suivi, c'est bien évidemment ma participation au rendez-vous de La Mère Cane : Le pavé dans la mare

Alors, vous, vous mentez sur quoi ?
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samedi 8 octobre 2011

La chaussure (mes lycéens sont fabuleux #2)

J'avais promis, jeudi, de ne pas parler uniquement des boulettes de mes "petits", mais aussi de mes coups d'éclat à moi. Voici donc mon exploit d'hier. 

Imaginez vous la scène : il est 10h50, le cours a commencé depuis une demi-heure. MES élèves sont concentrés, attentifs, participatifs, en résumé à deux doigts de la perfection.

Dans le couloir, un ramdam pas possible, un vacarme digne d'un troupeau d'éléphants se ruant vers une mare. Je prends sur moi et je continue mon art. Les éléphants se mettent maintenant à barrir.

Je mets mes élèves sur pause et je passe la tête dans le couloir. Le troupeau en est bien un, mais essentiellement composé d'élèves de seconde. Avec toute la douceur qu'il m'est possible d'avoir (c'est-à-dire celle d'un rouleau compresseur) je leur signale que si, EUX n'ont rien à faire, NOUS sommes en train de travailler.

Ma phrase à peine terminée, une basket noire vole à travers le couloir. J'intercepte l'objet volant identifié et le confisque. Je rentre dans ma salle avec mon trophée et sous les hourras de mes élèves (je les aime et ils me le rendent bien). 

Je recommence mon cours et le chahut reprend de plus belle à l'extérieur. Rebelotte, je ressors et finis par virer tous les garçons du couloir (je laisse les filles qui n'avaient pas posé le moindre souci). L'"unichaussé" me supplie alors de lui rendre sa basket. Je refuse. Il insiste, je lui tends sa basket et la retire aussi vite et l'informe que je ne la rendrai qu'à son prof quand il pointerait le bout de son museau.

Pendant tout le reste de la journée, j'ai entendu :" C'est elle la prof qui a piqué la chaussure de Tao (toujours dans mon revival des Cités d'Or), elle est trop forte !".

Certes ce n'est pas vraiment une boulette, mais admettez tout de même que, parfois, j'ai du talent !

p.s. : le "C'est pas du tout ça" de la semaine est toujours valable, j'attends vos explications !

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jeudi 6 octobre 2011

Mes lycéens sont fabuleux #1

C'est l'union qui fait la force, là-dessus, tout le monde est d'accord. Alors à partir d'aujourd'hui, je vais rejoindre et prêter main forte à Kiara dans son recensement des perles d'élèves et je vous promets d'y mettre les miennes dès qu'elles se présenteront (elles sont fréquentes et ne devraient donc pas tarder).

OK, j'enseigne une matière bizarre. Etre prof de vaches, chèvres et autres brebis ce n'est pas ce qu'il y a de plus commun mais mes élèves me dépassent de très loin dans la bizarrerie. 

Il y a quinze jours, je demande à mes élèves de me faire un exposé par groupe de 3 sur la domestication d'une espèce animale. Ils devaient me présenter un diaporama (on est geek ou on ne l'est pas !) où devaient figurer le lieu et la période d'origine de la domestication, l'ancêtre sauvage de l'espèce domestiquée, les buts de la domestication de cette espèce à l'époque et les utilisations actuelles de ces animaux. A voir ça comme ça, il n'y a franchement rien de bien poilant.

Je passe sur les groupes m'ayant présenté la domestication de la vache, du cheval pour arriver au meilleur : le groupe du dauphin. Comment ça vous ne saviez pas que le dauphin était un animal domestique ? Comment ça vous n'avez pas un dauphin dans votre salon ou dans votre ferme ? C'est une honte !

L'effet de surprise passé, je me concentre sur l'exposé et je note consciencieusement les questions que je leur poserai à la fin. Un des trois larrons du groupe, que nous appellerons ici Esteban (oui je suis en plein trip Les Cités d'Or), nous annonce fièrement que les "enluminus", au Moyen-Age, faisaient du dauphin un de leurs sujets. Je note enluminus, je souligne de trois traits et arrive la fin de l'exposé et le début de mes questions. 

Les deux premières sont relativement sérieuses (et le relatif est très relatif avec moi) et j'arrive à LA question : "Esteban, tu nous as parlé d'enluminus, qu'est-ce que c'est ? Un truc dans Harry Potter ?". Oui, je sais, je suis vilaine !

Esteban se penche sur ses fiches, cherche, panique un peu. Heureusement pour lui, un de ses collègues de "delphinattitude" essaie de voler à son secours : "Mais non, Madame, il voulait dire enlumineur !".

Ne me laissant pas décontenancée par si peu, je demande au deuxième : "Alors, Germain (nom d'emprunt bien évidemment), qu'est-ce qu'un enlumineur ?".

Germain prend son air le plus sérieux et me répond du tac au tac : " Ben, c'est quelqu'un qui est un peu illuminé !".

Que voulez-vous dire après ça ? Quand je vous dis qu'ils sont fabuleux, je ne mens pas !

Des perles à partager ?



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