Je sens que je vais griller toutes mes chances de devenir la meilleure maman blogueuse (remarque, ce n'est pas mon objectif non plus...) avec le titre de cet article.
Chers parents lecteurs et adeptes du cododo ne fuyez pas, je ne juge pas, j'explique mon incompatibilité (peut être d'origine génétique) avec cette pratique.
Pourtant, il est clair que le concept est séduisant. La théorie de la séparation en douceur, après neuf mois d'une intimité étroite, ça a fait mouche dans mon petit cerveau. Le cododo semble magique sur le papier pour rassurer le mini-truc sorti fraichement (ou non) de mon abdomen-cocon et rassurer aussi la jeune mère en quête de confiance que j'étais.
Bon, il y a bien quelques petits comédons (ça fait plus classe que points noirs, non ?) à cette pratique. Les uns parleront de risque d'écrasement ou d'étouffement. Certes ça peut exister mais il faudrait être dans un état plus que second (cocktail molotov d'antidépresseurs, substances hallucinogènes et autres boissons alcoolisées) pour oublier que la chose qui nous a labouré le bide se trouve dans notre lit.
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Promis Jolie Bichette tu ne deviendras pas une Tanguy ! |
D'autres se lanceront dans un grand débat sur une déviance incestueuse. A ceux-là, j'ai juste envie de proposer une machine à remonter dans le temps et de se rendre non pas au Moyen-Âge mais juste au début du siècle précédent, quand tous les membres de la famille n'avaient pas tous un lit ou encore une chambre attitrée. Y avait-il plus d'inceste à cette époque là ?
Enfin, certains aborderont le traumatisme futur, lié à la séparation tardive d'avec la mère et les conséquences désastreuses sur le développement psychologique des enfants. Là aussi, c'est envisageable mais à qui viendrait-il à l'idée de garder gnome ou gnomette dans le lit parental jusqu'à 18 ans ?
Non, non et re-non, ce n'est pas pour ces raisons-là que le cododo n'est pas pour moi et d'ailleurs ne l'était pas non plus pour Jolie Bichette. J'ai bien dit ne l'était pas et c'est là que le bas blesse !
Notre charmante fille a, depuis sa naissance, toujours fait preuve d'autonomie. Sa chambre, son lit, son luminou et
le monstre chantant et rassurant c'étaient ses trucs à elle. Et puis, depuis presque trois mois, sont arrivées en masse et en groupe : terreurs nocturnes, poussées et percées de dents et grosse gêne respiratoire au nom terrifiant de bronchiolite. Rajoutez à cela des parents indignes qui traînent leur progéniture dans tous leurs déplacements et ne veulent pas pour autant pas faire subir les vagissements de la monstresse à tout l'hôtel, la maison des amis ou de la famille et vous aurez un tableau complet.

Là, nous avons fauté, nous avons fait pénétrer le loup dans la bergerie : Jolie Bichette dans notre lit. Et elle y a pris goût la bougresse ! A peine déposée entre Mari Adoré et Fée Passie que la monstresse est endormie. Attendez un peu et essayez de la déplacer pour lui faire regagner ses pénates et là elle se transforme en gremlin et vous pouvez être sûrs qu'il vous faudra des heures pour la rendormir.
N'étant que des êtres humains, Mari Adoré et moi avons besoin de dormir (un minimum de 5 heures consécutives) pour faire face au lendemain. Du coup, nous cédons à la tentation et gardons la chose entre nous.
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Prends exemple Jolie Bichette ! |
Il faut savoir que la chose ne dort pas comme un petit ange bien sage. Non, la chose doit partir en croisade toutes les nuits à la vue des coups de pieds et poings qu'elle nous assène. Je ne compte plus mes bleus et Mari Adoré ne se regarde plus dans le miroir le matin de peur de constater les dégâts capillaires infligés par de petites mains potelés mais bien musclées.
N'étant, une fois de plus, que des humains et non des angelots ventripotents et asexués, Mari Adoré et moi aimerions retrouver un peu de notre intimité. Il est sûr qu'avec un tel comportement, notre chère fille nous prouve que le statut d'enfant unique lui convient très bien. Sors ça tout de suite de ton petit crâne, Jolie Bichette, tu auras un petit frère ou une petite soeur et là-dessus, il n'y a pas moyen, mais alors pas du tout moyen de discuter !
Voilà, vous savez maintenant pourquoi le cododo n'est pas pour moi. Allez-y, vous pouvez vous lâcher !
Mais avant de partir, vous n'auriez pas un truc à nous donner pour remettre Jolie Bichette dans son clapier ?